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:: Dimanche 24 janvier 2010 ::

Filoup

 

En inverse, voici le lien qui mène a monblogue principal : ma terre a deux lunes +++


:: trash 2010-01-24 04:23:34 [Permalien] ::
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:: Dimanche 1 novembre 2009 ::
L'escalier

On a trouvé le soleil
Il était dans l’escalier
On a trouvé le soleil
Il ne voulait plus régner
Ni faire la guerre nucléaire
Contre le système solaire
Voulait juste s’allumer
Quand quelques non éclairés
Visiteurs viendraient presser
Leurs doigts sur l’interrupteur

On a retrouvé la Terre
Les yeux bandés dans le noir
On a retrouvé la Terre
Elle était pas belle à voir
Trop de blessures, de misères
L’avaient rendue solitaire
De la lune elle avait peur
Cachée dans l’interrupteur

L’univers en avait cure
Triste et largué sans amarre
Errant dans ces quatre murs
Avait perdu son espoir
Au fond d’un aéroport
Ç’aurait pu être une gare
Laissant son sort au hasard
Des mains d’humains voyageurs
Voyons s’ils viendraient fouiner
Du côté d’l’interrupteur

Dieu qu’étais p’t’être un peu fait
Mais qu’avait surtout grand cœur
Pris d’un sursaut de gaieté
En devint le balayeur
Il y fit pousser des fleurs
Et agrandir les fenêtres

L’air est depuis bien meilleur
Dans cet endroit sans paraître
Le soleil a rayonné
La lune s’est remise à paître
La Terre enfin consolée
Et Dieu s’est ressenti naître

Quand les gamins amusés
Rêvent d’un peu de lumière
Ils viennent ensembles presser
Leurs doigts sur l’interrupteur


:: trash 2009-11-01 15:45:33 [Permalien] ::
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:: Dimanche 25 octobre 2009 ::
un hiver est passé sur cet étroit logis

 

Un  hiver est passé sur cet étroit logis

Une larme a coulé sur mes joues refroidies

Une veine éclaté à mon visage gris

 

Dans le chagrin immense, dans la mélancolie

Je me suis réfugié comme un enfant perdu

J’ai du te dérouter à courir la folie

Cette fois, tu n’es pas, près de moi, apparue

 

Aux vertiges, aux nausées, de bétons et de rues

S’étaient subtilisés la nature et l’envie

Mais l'envie s'est tarie, et la nature a fui

Les nausées, les vertiges, sont reparus depuis

 

J’ai tapissé le ciel de mes enchantements

T’entraînant dans mes limbes et mes envoûtements

Mais ton œil est lassé, mais ton désir me ment

 

Est-ce que le vent du nord, qui peine à ranimer

Ta flamme, peut encore aviver ma fumée ?

 

Un hiver est passé sur cet étroit logis

Une larme a coulé sur mes joues refroidies

Une veine éclaté à mon visage gris


:: trash 2009-10-25 10:03:12 [Permalien] ::
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:: Dimanche 4 octobre 2009 ::
Rien ne nous appartient

...

Ni la mélancolie

Ni la feuille qui fruit

Ni le fruit qui mûrit

 

Ni la fertile pluie

L’herbe du haut esprit

La beauté d’apanage

La nef aux formes sages

 

Ni l’arbre sabre fleur

Fendant l’azur du ciel

De ses racines ailes

Plusieurs fois centenaire

 

Ni la flûte qui siffle

Sous le cocon d’azote

Dans le vent qu’on renifle

Au-dessus de nos têtes

 

Ni le sable nuage

Grain de fonte des neiges

Ni l’étrange enfant mage

Colorant le rivage

 

Vert, violet, brun, et gris

 

Ni la lune lézarde

Rampante dans nos yeux

D’où la nuit nous regarde

Toujours entre deux feux

 

Ni l’autre qui supporte

Nos veines gorgées d’eau

Sans pour autant qu’on porte

Le soleil dans nos dos

 

Ni le chat souverain

Avec son air de rien

Rien ne nous appartient

 

 


:: trash 2009-10-04 07:30:02 [Permalien] ::
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:: Dimanche 20 septembre 2009 ::
Le noir

 

La nuit, le jour, on y voit clair

Même les ombres nous le disent

Les ombres assises au réverbère

Sur le parking, devant l’église

 

La nuit ne sera plus jamais

Comme à son passé, menaçante

Sur les clochers, les toits d’amiante

L’obscur ne règne qu’à moitié

Oyez funèbres oraisons

 

Au long murmure des saisons

Quand elle sinue sur les maisons

Quand elle sature à l’horizon

 

Et qu’elle applique ses mains moites

Sur les nuages écarlates

La nuit s’éprend, la belle amante

Des grands clochers, des toits d’amiante

 

La nuit, ses rêves d’épouvante

La nuit, ses lèvres recouvertes

 

Oyez funèbres oraisons

O Les passions ! Les tentations

La quotidienne mutation

Le chant des mortes floraisons

 

Oyez funèbres oraisons

Dos de fenêtres aux œillets clos

Aux volets plats, montent en écho

Comme une marrée déferlante

 

Les voix des félins, des junkies

Dans la nuit d’encre rugissante

 

Oyez funèbres oraisons

Quand elle englue votre raison

Oyez funèbres oraisons

La nuit vibrante d’émotion

 

Le Noir ! Ses yeux voient dans le noir

Son iris est luminescent

Il vous arrive sans le savoir

Dans vos nocturnes indécents

De croiser le regard

Des ombres qui, fuyant

Vont après lui

 

Autrefois

 

Sa longiligne silhouette

Fut celle d’un bandit

Prestidigitateur

Habile en la tourmente

Aux manières savantes

Prophète, le meilleur

D’entre tous les voleurs

 

On dit qu’il naquit de la lave

Fils du soleil et des volcans

Qu’il emprunta sa grâce au faon

Et qu’il vaincu les éléments

 

Ne lui demandez pas son âge

Il l’a enfoui sous ses turbans

C’est un bien curieux personnage

Il vous dira : j’ai dix mille ans !

 

La nuit, les chats vont après lui

Au lac où reflète la lune

Pendant qu'expire une bougie

Au souffle taciturne

 

A l’eau bleutée, les nombreux phares

Qui sont des astres miroités

Des narcisses et des nénuphars

Admirent sa beauté

 

Lentement monte le son

La procession des consones

Les voyelles félonnes

Et les incantations

 

Est-ce un bohème

Est-ce un fantôme ?

Personne ne sait

Qui est cet homme ?

 

Dans les roseaux

Est ce un robot ?

Personne ne sait

Ni oserait

S’en approcher 

 

Il chante ! Il danse

Squelette aux os de paille

Tête d’épouvantail

Amiral en guenilles

Des flottes de corbeaux

 

En ce lieu de ripaille

Il claque des sabots

Sur la terre en tombeau

 

Sa rauque voix raisonne

A des miles à la ronde

Il n’y a pourtant personne

A des miles à la ronde

Il a dans son ballot

Des  tâches et des  lambeaux

Un trognon sans noyau

Des secrets ancestraux

Des runes, des cristaux

Aux rayonnements pâles

Ses bras sont des tenailles

Ses manches de manteau

Sont comme des couteaux

Comme dans un tableau

Comme au bout d’un pinceau

 

Des lames de ciseaux

Qui font fuir les oiseaux

 


:: trash 2009-09-20 16:47:53 [Permalien] ::
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:: Dimanche 19 juillet 2009 ::
Pas de joie

 

pas de joie dans la guerre

que la peur et les cris

quel insensé a dit

que la guerre est jolie ?

 

sûrement un militaire

sûrement entre deux verres

certainement pas une mère

 

pas de joie dans la guerre

quand les chars cheminent

sur les champs de mines

c’est l’enfance qu’on ruine

 

l’innocence qu’on nie

la vie qu’on piétine

l’avenir qu’on brade

 

pour des adultes malades

qui, chantant, vont en guerre

 

pas de massacre gratuit

qui paiera pour mon frère ?

quel Dieu, putain, quel barde

loue cette ignominie ?

 

insoluble charade

que l’homme qui s’enterre

ou qui se sacrifie

pour ne pas qu’on l’oublie

 

eux, les enfants, eux, la guerre

n’épargne pas leurs pères

n’épargne pas leurs mères

ça leur plante une prière

 

sous les lignes de la vie

sur ces lignes où l’on prédit

dans les lignes ennemies

quand sera la dernière

 

 


:: trash 2009-07-19 06:31:58 [Permalien] ::
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:: Dimanche 19 juillet 2009 ::
La guerre

Ils étaient, par cargos, des bidasses de tous bords

En habits vert kaki, en alliages de fer

Défendant par fierté un drapeau sanguinaire

Ensembles ils avançaient vers une horrible mort

 

Ils étaient par centaines, multipliés par deux

Car en face ils avaient pour aussi moches qu’eux

Une armée de conscrits de la contrée voisine

Et leurs canons teigneux pour protéger leurs lignes

 

J’étais au mirador en spectateur, je vis

Ceux qui bravaient l’effort inhumain du combat

Ceux qui suçaient la terre aux saveurs de tabac

 

Muni d’un appareil je pris photographie

D’un éclat de remord dans les yeux d’un p’tit gars

Lui qui jurait tantôt d’étriper ces chiens là

 

– Des soldats bien rangés partis à l’aventure

En un éclair seulement il n’en resta qu’un tas

Dans un fracas sans nom, l’orchestre leur joua

Le coup des sanglots longs des violons de l’automne

 

Ils empoissaient le souffre, la poudre, la friture

Leurs tripes dégueulasses sur l’atroce parquet

S’aplatissaient, les mouches allaient se requinquer

Dans l’âcre odeur de sang, de sueur, de charogne

 

De ma tour solitaire je suivais, je filmais

La mollesse des corps, l’extrême nudité

Les plaies et les décès et leurs subtilités

 

J’avais vision dés lors au-dessus du charnier

Les destins déroulaient d’en haut comme des cordes

Sous les griffes acérées des dragons de discorde

 

– Ils ont vingt ans, trente ans, démolis par la haine

Un trou dans l’abdomen, un bras qui se promène

Leurs espoirs décimés sur l’échiquier sanglant

Sombrent dans la folie, héroïques et violents

 

Et les plus terrifiés seront les survivants

Car ce n’est pas de vin qu’on les a arrosés

L’eau qui tâche le sol, ce n’est pas la rosée

Mais la larme qu’un père adresse à son enfant

 

Sur le champ de bataille : explosions de ferrailles

Bombardements aveugles, missiles, mitrailles

Pendant qu’hurlent les tanks au cor des funérailles

Dans l’infinie quiétude qu’on accorde qu’aux morts

 

Y’en a plein qui supplient qu’on leur règle leur sort

Les cadavres, encore chauds, se ramassent à la pelle

On dirait que le Diable en personne s’en mêle

Y a comme un rire crispant qui siffle entre les balles

 

Et les psaumes d’effroi viennent s’en prendre au ciel

Et les mille voix d’anges s’entrechoquent entre elles

 

– J’étais au purgatoire, on s’y accumulait

Le cotonneux nuage atténuait l’ambiance

Les tortures endurées avaient moins d’importance

 

Rien ne serait pareil : cela fut entendu

Plus de couteaux dans l’dos, finis les coups tordus

Devrait-on justifier chacun de ses méfaits ?

Pendant que sur la Terre les copains s’égorgeaient

 

Faisant place au silence : un murmure affolé

Les ennemis unis dans la même impatience

Commençaient à maudire leurs présentes angoisses

 

Lentement languissait l’intenable rumeur

Couplet trois fois maudit de la réalité

Les âmes ressentaient comme une pesanteur

D'avoir pu perpétrer autant de cruauté

 

Y'a ceux qui répondaient : rien à me reprocher

Y'avait un pauvre gars à qui on a dit : tue !

Y'avait, là, un infirme qu'avait pas combattu

 

Qui tenait sa conscience entre ses mains tâchées

Y’avait un général pour mille deux cent tondus

Qu’était bêtement cané le nez dans ses papiers

 

D’une attaque cardiaque

 

–  J’étais au purgatoire et ils se disputaient

A savoir qui étaient les premiers à tirer

Qui seraient le derniers de ces traîtres, pendu ?

 

Sur ces paroles amères on les a enterrés

Décorés méritants des posthumes médailles

Espérons que les cieux aient un peu de pitié

 

 


:: trash 2009-07-19 06:16:01 [Permalien] ::
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:: Dimanche 25 janvier 2009 ::
Cendres

 

Cette fille rouge pourpre était amoureuse d’un garçon bleu charmant qu’elle imaginait rose et qu’il peindrait en blanc car étant daltoniens ils espéraient partager leur conviction secrète que la vie n’était pas conçue pour convenir aux convaincus.

 

J’entrais le cœur serré dans les mailles de sa toile aux fils tressés de soie cette femme m’émut dés le premier regard si bien que sa présence devenue nécessaire nourrissait en moi l’impression d’évoluer dans un cocon que ses bras la nuit tissaient tels des draps de caresses tandis que sa voix me berçait d’une douce tendresse quasiment maternelle qui ne m’était pas inconnue.

 

A cette heure je constate que mon élan aveugle vers la miraculeuse harmonie des désirs fut une chute dans un gouffre dont le fond défilait devant nous tel un sentier lumineux en friches où le moindre caillou maîtrisait le pouvoir de nous hypnotiser alors que nous nous en moquions.

 

Nous invoquant le centre de notre création nous avions occulté la gravité des faits et nos  fiévreux baisers se heurtaient contre un mur d’incompréhension avec le même bruit sourd d’os craqué que mes caprices qui trinquent dans la lie du moment où j’écris ces paroles m’apercevant enfin que nous étouffions sous des couvertures insécures par peur de devenir de magnifiques oiseaux blancs survolant les nuages tout nu.

 

Adolescent retors je n’écoutais jamais les conseils des amis qui devant l’innocence de mes contradictions restaient froids spectateurs incrédules esquivant les variations notoires de mon tempérament fou je crois que s’ils pouvaient ils m’auraient envoyé à l’asile en SAMU.

 

Couramment détourné du parfum de ta peau je m’enlisais l’esprit dans un puits pernicieux en me bouchant le nez pour ne pas respirer l’air impur polluant la Terre devenue noire de souffrances à mesure que j’entendais tousser les industries du charbon je fumais leur pétrole et régulièrement trompé par l’inconnaissance des sens je me débattais sans cesse submergé par d’étranges simulacres hantés de convulsions.

 

N’ayant ni de confesse ni de croyance en quoi je m’amusais du sort l’affligeant de délires mais je pleurais souvent aux confins de mon âme où les promesses candides de confuses grandeurs prenaient les dimensions d’insurmontables défaites de moi sur moi et toi ennuyée de la lune qui ne reflétait plus mon visage d’une aura sereine et malicieuse tu te détournais de mon discours bidon.

 

Entre démons et diable il m’arrivait souvent d’être le médiateur de ma lucidité mais les spots mystérieux de mon cerveau cassé n’indiquaient plus vraiment la direction à suivre depuis je réalise que tu as eu raison de me laisser tomber car c’est pire que mépris d’imposer à deux êtres de se plaindre à tue tête sur les routes qui mènent vers un horizon flou qu’un seul d’entre eux a vu.

 

Cette fille rouge rose était devenue grise et ce garçon blanc bleu avait l’air brun jauni lorsque la vérité traquant leurs couleurs pures explosa leurs pigments s’inversèrent comme des aimants leurs pôles et personne ne savait qui redeviendrait quoi ni quel acte les rendraient pareils à ce qu’ils sont.


:: trash 2009-01-25 11:27:52 [Permalien] ::
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:: Jeudi 13 novembre 2008 ::
Le Pendu

 

Entends-tu

Humilié

S’avancer

Le cou laid

Du pendu ?

 

Le battu

Bras foulé

Tabassé

Accusé

Que l’on tue

 

L’afflux et

Le reflux

Sanguin du

Corps fluet

Corps floué

 

Cœur tendu

Qu’attends-tu

Le poilu

Le barbu

Pour plier ?

 

Ca y est

Le bois pue

Le pendu

Zigouillé

Dans son jus

 

Cher pendu

La cour fait

Son marché

Autours des

Restes crûs


:: trash 2008-11-13 15:09:59 [Permalien] ::
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:: Mardi 4 novembre 2008 ::
Mon frère
 

Puis-je t’appeler frère ?

- à la Baudelaire -

Murmurer mes vers

Doucement comme du miel

Fondrait dans ton oreille

 

Nous serions deux ânes

Saouls comme des moines

Deux fleurs qui se pâment

Sous un platane

 

Te prendre par l’épaule

Mordiller tes lèvres

Goûter tes paroles

Faire monter la fièvre

 

Approcher ma gueule

Contre ta gueule

- tu me regardes d’un œil

Pendant que rien ne nous sépare

 

- qu’une feuille...

 


:: trash 2008-11-04 13:26:17 [Permalien] ::
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:: Dimanche 2 novembre 2008 ::
Les gestes secrets

 

Pendant que sous les cils

De l’astre nucléaire

Se chauffent les reptiles

Les pierres

 

Je dois ressentir

Dans les tréfonds frémir

Et exciter mes nerfs

Les frissons de la terre

 

Par les champs utopistes

Des fabuleux chimistes

Par la grâce enivrante

Des  prairies mouvantes

 

Par le ruisseau qui noie

Les feuilles qui s’échouent

Les plages de boues

Les pas jaloux

 

Par l’eau bien sale et fauve

Qui fut salée jadis

Comme les pleurs

Des algues mauves

 

-les algues sauves-

Je veux cette prière

M’engourdir

Et soulager mes plaies

 

J’ai du mal à capter

Les ondes alentours

Le message est crypté

Suis-je sourd ?

 

J’ai du mal à ouïr

Un blocage à dire

Et le cerveau lourd

Si lourd

 

Je ne saurais comment

Les gens

Communiquer

Les gestes secrets

 

Nous étions tous

- fœtus -

Gourmands et preux

 

Autours d’un feu

- focus -

Attisé par les cieux

 

Les femmes et les hommes

Venaient partager le peu

Qu’ils avaient en eux

 

Nous léchions les flammes

Qui léchaient la jungle

Des chairs devenues dingues

 

Nous voilà parvenus dans d’autres univers

Par delà la mort

Les yeux grands ouverts

Vers tes sémaphores

 

Tu nourris la vie entière

Les rayons, en ton cœur

Rassurent les mers

Repoussent l’éther

 

Partage ton onction

-o ! tes visions-

Combien d’espérances

Auront ta chance ?

 

Combien d’éternités

D’orgasmes

Dans l’infini violet

Enfanté de spasmes ?

 

Je sais : je ne parle pas ta langue

Ma dimension ne tangue

Qu’à la surface

De tes particules

 

L’œil majuscule

Me brûle – la loi me noie

L’ombre incrédule

Recule - ainsi je vois

 

L’esprit, la voix

La tristesse, la joie

Ne peuvent être leurres

Et paroles en l’air

 

Soleil !

Même si le temps n’est rien

Nos larmes, nos chagrins

Sont réels

 

Où on est ?

Ferme les yeux !

Imagine un peu

 

Les genêts

Les gentianes bleues

Les coquelicots

Les herbes naissantes

Les plantes indolentes

Recouvrent les pentes

 

Les bourgeons frileux

Les bras vers l’azur

Les yeux dans les yeux

Le Soleil régnant

Soleil rayonnant

 

Le vent s’engouffrant

En torrents gracieux

Au chant mélodieux

De l’hiver mourant

 

Les neiges fondantes

Inondent les champs

Orgues de printemps

 

Déjà les rivières

Ne sont plus prisonnières

Des glaces oppressantes

 

La nature entière

Les fleurs mellifères

Les pousses éphémères

Pleines de sève

Prolifèrent

 

Le temps d’un rêve

 

En ces lieux qui m’émeuvent

Dans un passé lointain

Sous cette allée de pins

Se couchait un fleuve

 

Avec la terre amante

Toujours jeune et fertile

Et toujours renaissante

Il vivait une idylle

 

Impassible

L’élément les regardait

Imprévisible

Il hasardait

 

Autant de vies possibles

De couleurs, de choix

Dans ce bon climat

Qui fut si paisible

 

Il avait dit

Au plus petit

- au grand aussi -

Sois mon ami !

 

Voilà tes berges

Voilà ta table

Assieds-toi et mange

Ce qui t’es désirable

 

Ainsi avait-il parlé !

Mais l’homme sans appétit

Dévorant père et mère

Lui déclara la guerre

 

Il la boit, la lape

La retient, l’attrape

Mes doigts plongent dans le filet d’eau

L’enfer gronde sous le tapis des flots

 

Une catastrophe s’est produite

Dans le lit qui bave

Aucune truite

Que des épaves

 

Un mulot mort, qui gît

Des flaques de cambouis

Je m’accroupis

L’eau qui croupit

 

Se tait

Une odeur putride

Sordide

S’enroule à mes pieds

 

J’ai vu - dans les environs

Une station d’épuration

Un supermarché

- je ne sais ?

 

Quand tournés, les poissons

Aux berges de béton

- chapeau bas -

S’inclineront

 

Les orties, les arbres, les joncs

Les ronces, les rats, les gens

Ne survivront pas

Au poison

 

Déjà les rivières, les étangs

Chérissent les dernières

Fleurs égarées

 

Et dévient les galets

Qui s’accrochent aux craies

Pétrifiées à jamais


:: trash 2008-11-02 14:27:22 [Permalien] ::
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:: Dimanche 26 octobre 2008 ::
Llioret

 

Clair – comme un chant d’oiseau au mélodieux vent frais, je contemplais les pins, quand un frisson velouté glissa le long de ma poitrine, fine sensation de velours chatouillant mon âme – comme si la fée de ce jardin était entrée dans ma tête pour me livrer ses mots précieux, mêler ses espoirs aux miens !

 

Ni la mort ni la peur, ni proches ni lointaines, n’étaient menaçantes ! contre la vie elles couraient, avec la vie elles riaient ! j’en pleurais presque de bonheur ! le soleil mordorait selon les désirs du vent – que trouver de meilleur, en ce monde, qu’un plaisir, un simple plaisir ? un vent réchauffant et rafraîchissant à la fois !

 

La flamme agate des épopées célèbres flambait ! la nature fauve, aiguillé par le flux de la lumière changeante, vif-argent, arc-en-ciel, bondissait devant moi ! je vis mon ombre croître au devant de l’azur, sereine, confiante, certainement pardonnée ! mon cœur, mon corps, mon esprit – légers – apprenaient à s’envoler ! La vérité, sagesse sauvage, paissait dans mon ventre

 

Là, se reposaient merveilleusement les archers, les elfes chantaient des sonnets cristallins en langues musicales, louaient le bonheur des peuples, dansaient en ronde autours des élanors jaunes, comme à l’époque glorieuse, quand Galadriel bienveillante veillait au bonheur de la forêt d’argent ! l’étoile du soir diamantait son prisme sur le crépuscule doré du Lothlorien

 

Mais le monde a changé ! tout passe, tout repose ! les contes ont une fin ! les hommes périssent ! les plaines furent inondées, la montagne s’est tue, les forges du mythril ont sombré dans l’oubli – les siècles se succédant – les créatures mauvaises cessèrent de hanter les grottes du savoir, les tribus splendides confièrent leur destin au ciel, à la lune, au soleil et à l’eau – le mal, plus sournois qu’on ne craint, s’éteint, se dissimula – le bien régna sans concurrence !

 

Les petits hommes se firent discrets – leurs seigneurs, gardiens des beautés perdues, redevinrent vagabonds – maintes fois la terre trembla et maintes fois l’orage frappa ! les continents se séparèrent ! les firmament scintillèrent comme au plus fort d’autrefois, les glaces se figèrent, le sable souffla, la mémoire sombra !

 

Le temps dévêtit son manteau d’importance – il n’y eut plus de temps ! seuls les oiseaux perpétuèrent la tradition, qui fut chantée par Gwaiewen, descendante de Gwaihir, témoin des grands combats, à Nubil, jeune père de l’humanité, qui sauva l’histoire de l’usure des ans, poursuivant son enseignement bien après que les derniers écrits fussent réduits en poussières !

 

Puis, comme prédisaient les runes, les contacts avec le monde ancien s’effacèrent, imperceptiblement ! les fils des fils des hommes – et leurs filles –  n’apprirent plus les vielles langues, les grandes gens de la forêt ne les fréquentaient plus ! l’homme changea ses actes, le souvenir devint légende, la légende encombra, ce qui est encombrant est mauvais, le mal se réveilla !  il y eut des conflits !

 

La guerre dura des générations, fratricide ! personne ne su pourquoi ni comment elle cessa – les adversaires se rallièrent à la cause des rusés, qui s’en sortirent puissants ! la magie protégea de moins en moins les êtres, la généalogie et les cernes du passé cessèrent d’exister, les hommes n’en voulaient plus ! plusieurs espèces se cachèrent, espérant ne plus jamais croiser la route de ceux de notre engeance ! nous étions orgueilleux, avides et mesquins : l’histoire pouvait recommencer !

 

La réconciliation fut scellée par les clans sur les ruines fumantes des grandes créations ! l’or ne flambait plus sous la ligne d’horizon, sauf en quelques endroits, rendus inaccessible au commun des mortels !

 

Nos aïeux confièrent leur sort à des divinités plus sûres de leurs effets, plus proches des préoccupations du boire et du manger – la paix s’installa durablement, c’était il y a très longtemps ! beaucoup d’évènements, depuis, changèrent le cours du vécu – l’homme redevint agraire, débutant un cycle qui en finissait un autre, qui serait bien malin de prévoir le prochain ?

 

En ces temps reculés, on embellit la Terre, irriguant les régions fertiles que nourrissaient les fleuves, prospérant entre les cimes glacées des montagnes éternelles et les reliefs massifs de sapins ténébreux !

 

Dans cette ère d’opulence, naquit Llioret, fils aîné des enfants de notre nouvelle lignée, dont le nom désignait, en langage ancien : stable et impétueux ! source et embouchure ! sage et fou ! fertile et désertique ! construit et détruit ! plein et rien ! début et fin – et dénommait le fleuve !

 

Ici commence notre aventure, c’est le sujet de notre histoire, c’en est le titre !

 


:: trash 2008-10-26 16:33:16 [Permalien] ::
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:: Samedi 25 octobre 2008 ::
L'hors du monde

 

Mon âme est un caveau où tous les morts ont soif;

Dont l’hiver sec et froid vivifie les fumées;

Ce sont des feux follets, prompts à se consumer,

Qui devant les vivants se perdent en épitaphes.

 

Pourtant sous le soleil nous sommes pareils à eux !

Hormis quelques poètes qui souffrent de remord,

Qui n’ont rien d’existant, pensez-vous ; ils sont morts !

Ils étouffent le ciel en le couvrant d’adieux…

 

Du sang dans mon verre

Stupide fardeau

Goût de plaquette

Imbibé de fer

 

Le grand frisson

- Vaine conquête

L’inaccessible horizon

Courbe sous mon dos

 

Quelques barbelés

Vraiment désolé

Un mort - trois tessons

Dans l’herbe à bison

 

Bloody mary d’hémoglobine

Canines raides - et le teint pâle

Je m’en épancherai sans mal

 

Vois-tu ? Meurtri - que je piétine

Le passé pénible et moral

Pissant mon fiel dans les rues sales

 

Je pourrai n’être rien

Sans les bras ni les mains

Dans le vide même pas

Un rien qui ne dit pas...

 

J’en ai assez d’essuyer mes échecs et ceux des copains.

Quand sur un coin de table, le signal d’alarme se retient pour ne pas gêner.

Assez des regards écœurants en coin, des curieux arrogants qui comme la peste te voient, comme la lèpre te fuient, et qui te diminuent.

Assez de cet argent qui fausse le destin.

Assez de ces projets tous remis à demain.

Assez de battre le pavé des villes en rêvant, qu’ayant bien travaillé - va : je m’envolerai.

Grand comme un Océan !

Assez !

O les amis qu’on se rencontre et qu’on se serre les coudes, puisque c’est la tristesse plus que la joie qui nous soude !

 

…De là haut ! De là haut ! Je me souviens de mon exil dans les cités serviles, tant de monstres brillants sensés représenter leurs êtres purs;

 

De là haut ! De là haut ! Je remémore ces galères, cet idéal - comme un vaisseau guettant dans l’univers, toutes ces nuits depuis des lunes, un pan de terre au loin : mirage;

 

De là haut ! De là haut ! Je dégringole, je veux prévenir mon équipage d’une issue prochaine à la mort sûre, mais je suis tellement affamé : les sirènes;

 

De là haut ! De là haut ! Dans les cieux ! Les séductrices, et moi qui m’accroche aux cordes, le mât me lacère les mains -  je sens que je vais chuter,  mais ces voix;

 

Toutes en bas ! Toutes en bas ! Crient au naufrage !

 

…Instinctif comme un extraterrestre traqué, dans un roman de sciences fictions, par des robots savants qui cherchent à mettre au point la molécule qui me calmera, la pilule qui corrigera mon esprit,  mon corps,  je cours !

 

Attentif, à la recherche d’essence, à la moindre pulsation - amorce de pulsar - je peux me rétracter, devenir insignifiant : néant !

 

Ainsi transformé, débusqué les pièges de mon égoïsme, sciées les chaînes qui me retiennent à la prison de ma perception, lesté mon matériel, détourné les prismes de ma condition : la réalité est ce que j’en fais !

 

Sésame !  Ouvre-toi ! Le bienheureux jette au feu ses armes…

 

Mon ange

 

Mon ange, le soir, quand tu descends

Ton corps est bleu phosphorescent

Tes dents pointues presque félines

Me jurent ton aura divine

 

Tes yeux ont surgi de l’abîme

Iris déteints - on s’est compris

Sur ton museau que du sublime

Jamais ni haine ni mépris

 

La nuit tu vis dans ma terrible

Ame muette et immobile

Tes ailes aussi sont invisibles

A mon esprit qui s’annihile

 

J’en bois la lie - j’en vois la bile

De mes regrets irréversibles

Encore, tu tentes quelques subtils

Conseils - mais incompréhensibles

 

Mon ange le soir quand tu descends

Ton corps est bleu phosphorescent

Plante un pardon arborescent

Dans mon cœur grisâtre et brûlant…

 

Coupez !

 

Coupez-moi une oreille, qu’on m’entende crier

Tranchez-moi un poumon -  je couperai la poire

En deux parts inégales, soldées pour un dollar

 

Coupez dans mon discours, tranchez sans hésiter

Coupez-moi le sifflet avant qu’il soit trop tard

Coupez ! Coupez ! Coupez ! L’acteur est trop bavard

L’auteur est un soiffard, sans fond, ça va sans dire

A l’avenir coupez dans le vif du sujet

Remuez le canif aux lames ivres d’orgueil

Cisaillez dans mes chairs, et montrez-moi vos griffes

 

Tailladez la beauté qui est ma raison d’être

On creusera pour elle un trou dans cette terre !

Détestez l’à peu près - érigez-vous en maître !

Coupez dans mes artères,  la source des prières

Je tuerai dans son lit, à coups d’éclat, l’esprit

Ce démon vous paraît déjà moins fier, peut-être ?

 

Chlorez-moi la rétine et cousez-moi les lèvres

Ça ne nourrit jamais, de rêver, ça ! Jamais

Apposez par après, sur mon cœur, un tison

Faites-moi renverser par une foule aphasique

Brisez mes sensations, cassez mes émotions

Qui sont, toutes et semblables, des vaines illusions

Déchaussez-moi les dents, équarrissez mes os

Arrachez-moi les ongles et dispersez mes membres

Au mauvais vent d’hiver !

 

Enfin, s’il vous en reste, pour m’entendre crier

Coupez-moi l’autre oreille et faites-la griller

Tranchez-moi un poumon -  je couperai la poire

En deux parts inégales soldées pour un dollar …

 

Angélique crise

 

Jour après jour Angélique pleure

Déjà n’a plus toute sa tête

Maudit sois-tu O le poète

Comme le diable est aux enfers

Jour après jour Angélique pleure

Les sourdes larmes de déesse

Ne la caressent ni ne la blessent

Mais la transpercent de douleurs

Jour après jour Angélique pleure

Ses yeux fiévreux comme des braises

Ses lèvres au goût sucré de fraise

Son corps alanguit dans la glaise

Sont noirs pareils aux impostures

De tes chagrins contre son cœur

 

Maudit sois-tu O le poète

Entends l’Angélique complainte

L’amour parfois reste muette

Parfois ta jalousie d’esthète

S’épuise en verves indolentes

Au fond tu n’es qu’un ignorant

Reprends ton désir et vas-t-en

Dans tes attentes éblouissantes

Enfant des Dieux géniaux sans foi

Au fond de toi tu crois qu’il y a

Des lois aussi et puis des tables

Ecrites d’une main affable

L’inspiration a fait de toi

Le plus insoluble des rois

 

Pleure la nuit - pleure Angélique

Toi qui vénérais les aurores

Souhaite la vie très fort - très fort

Que tes souffrances soient héroïques

Est-ce ton ennui qui se tord

De psychiatries psychédéliques

Est-ce le spleen automatique

Qui trempe ton lit de sueur ?

Peut-être certes tu t’applique

Dans tes ébats épileptiques

A te délivrer du bonheur

Qui est un con égocentrique

Tu perds tes os et tes erreurs

Quand perdras-tu enfin ton heure ?

 

O Le fou poète est brillant

Comme le diamant dans la tourbe

Et s’il advint qu’il devint fourbe

Car de victoire il est friand

C’est que son âme est un aimant

Pour sœurs en peines et frères en troubles

Alors il s’agit d’être amant

Sais-tu que le poète est double ?

Gare à la proie qui s’échouera

Entre ses crocs vampirisants

De toutes beautés lui dira

Jamais qu’à lui ne pensera

Joue-t-il au contraire ? Il te ment

Sa tombe est presque un monument

 

Encore ! Encore un idéal !

Et de pourrir les fleurs du mal !

 

Si un jour Angélique prie

Elle n’y croit plus même un radis

Si un jour Angélique rit

C’est de ce fichu paradis.

 

...Quel gâchis la vie, quelle folie

Un jour c’est toi, un jour c’est moi

 

On ne sait pas quel saint s’y fie

Je m’en irai, tu reviendras

 

O Salsifis ! Ça ne suffit

Jamais de dire la poésie…


:: trash 2008-10-25 08:49:58 [Permalien] ::
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:: Jeudi 23 octobre 2008 ::
Un sanglant d’habitude

 

…Ci , aujourd’hui naît, au 40 du mois de l’année de la rue, un petit prénom de sexe qui pèse, dans la clinique du docteur… ses parents espèrent, O ils espèrent… des yeux, une tête, car ils sont...

 

…Que faire et quand penser ?

 

…Je suis né dans un spasme de Gérard Lenorman, relayé à plein tube sur les hertz un matin, sous un néon d’hosto dans un hiver glacial, avec un air confus, avec des pieds, des mains, et l’heure de ma venue fut gravée sous mon Graal… Paul Mac Cartney chantait… j’ai grandi sur les ruines, décrites par Thiéfaine, d’un vieux monde ouvrier, dans un essaim normé, près d’une cité dortoir signée Le Corbusier, d’où les junks se blessaient, les gamins se cassaient des usines, des impasses, des années 70 – je suis né 75 ! pratiquement 76, cependant que les icônes primitives du disco dansaient « I Will Survive »… les babas étaient cool… on ne manquait de rien, dans les supermarchés qui faisaient portes ouvertes, crédits illimités, produits domestiqués, culture à délaver, jeans et autres corvées, des machines à laver, et 1000 et un mirages… Boris Vian n’était plus pour observer ceux-là – et ma meilleure nounou fut la télévision… je me souviens des crèches dans les galeries marchandes – les légos, les calèches, les manèges, les pourboires…puis j’écoutais Coluche, comme tous les parents, Desproges et le Splendid, je trouvais ça marrant, je n’avais pas 6 ans, je pariais déjà ma date anniversaire au tirage du loto,             

 

….J’étais déjà tombé dans le grand cabaret du désir médiatique, de l’inutilité d’aider qui que ce soit, du tout cuit dans l’assiette, du bétail en batterie, de la Terre en péril, de l’essence, du plastique, de la baisse du dollar, du tout-miterrandisme, du micro-scoop, des ondes, du Ronald Mac Donald – c’était un bon copain… je suis né presque à côté des cadavres prématurés de Janis Joplin, Jim Morrison, Jimmy Hendrix, l’acide était passé par toutes les couleurs… j’étais scotché – je crois, devant l’écran télé, dans la fièvre des Grands J.O de Montréal… plus tard, j’ai vu Auxerre perdre la ligue des champions, Dorothée se taper Corbier, Lemergy se bâfrer d’X-Or au déjeuner, Albator partouser Bioman, et Musclor sucer l’Haribo d’un robot G.I Joe, j’ai snifé du Cabu et j’en demande encore … j’ai vu Ciel Mon Mardi, La Classe, Le Bebête Show, Le Théâtre Bouvard, Nulle Part Ailleurs, Les Nuls, j’en oublie 100%, j’ai rencontré Sébastien, Sabatier, Gildas, De Caunes, Chabat, Durand, Drucker, D’Arvors, Zitrone, Guy Lux, et des tapis roulants d’animateurs branchés… il n’y avait que Brassens et Renaud pour conter… j’ai grandi sur les ruines, décrites par Thiéfaine, d’un vieux monde ouvrier… dont on renaît « ailleurs, encore plus loin ailleurs… »

 

…Cher passé, chers frères (de lance) sœurs (de chance) cousins, cicatrices, extas, ressac ! à dos – les sens amers…  yoyos-dansant-techno par groupes de  2+2+4 =8 puissance v (volonté) : incroyables factorys des abstractions unies, vers celles… jeu-nesse ! vermines extraverties illuminées d’amphés barbituriques roumaines artisanales acides    «... et mon sexe bandé entre tes jambes Gazelle ! » comme un taureau ailé précipité d’atomes paranormaux complices des compulsions lubriques : les sang-timents... j’aurai voulu guérir ? je m’y serai fait prendre.

 

…J’aurai souhaité mûrir, apprendre sans attendre : veiller les frustrations de ma propre mystique ! traquer l’aventure, en-naturer la dure : je me serai trompé ! j’aurai hissé mon blase d’être pseudo-pensant au panthéon des faunes néo-pékeno-bios, troisième génération, branchés aux ultras-sons-genérateurs-gazole, platines, lights et amours folles (encé-phaliques, ex-pertes) voyez ! du Grand Guignol (rien de cynique que du comique) boucle d’oreille-pas tatoué-pas clair… cheveux longs barbe et yahourt… samedi en tranche – dimanche en transe : il fallait croire, rattraper l’art, renouer les fils, copier l’ancêtre, malter mon grain, fumer jusqu’à l’extinction des feux (la mort a peur)… m’é-rudir ! susprendre le raisin ! maîtriser le pain ! m’approprier les herbes ! cultiver ! comprendre ! et après ? tout oublier… sentir l’aura se dandy-ner…

 

…L’aveugle l’avait dit «  émotion signifie à côté de ses pieds »... j’aurai voulu guérir ? je me serai fait rire : mes failles auraient cédé sous les tremblements d’air !

 

…Je vomissais des mers et des années-lumière : du souffre, du phosphore, de l’or, du fer, du feu, de l’ethno-psychologie, de la médecine chinoise, des théo-ries ! je gerbais d’étincelles : Venus, Mercure, Pluton, les Pléiades et Orion, la constellée Scorpion se pi-quant dans son dos, des singes écervelés se couronnant acteurs du dessein planétaire uni-collatéral, l’évolution globale, les abeilles trop petites pour la comparaison, l’homme refusant sa dot à la forêt soumise ! le lynx, l’aigle – royal vous comprenez ? celui qui ne bat pas de l’aile : je saignais du produit et du plaisir chimique.

 

…Je me souviens – l’avant-première des mardis raides : je te retrouvais seule, mes étoiles empalées sur tes colliers d’argent – macramés d’éclairs lucides : les fluides (essence-iels) l’intuition : une amibe ! la couleur : circonférence et centre – un cercle ! vert souabe, rouge flash, violet photonique-saturé ! la formidable complexité des matières ! l’empire dans chaque pierre ! l’incontournable loi du plus fort en danger : l’a-dépendance ! les croyances analogiques : une incapacité chronique d’expliquer la survie ! l’âme incarnée... j’aurai voulu guérir ?  je n’aurai pas fais pire...

 

.. Et l’anse des reproches toujours prompte à pencher vers l’absolu zéro fondu comme un volcan cramé de l’intérieur réglé au jour à l’heure sur le point d’explosion des connections lunaires au moment de l’éclipse pile sous les comètes d’écume des chutes de soleil torrent-ciel dépressif pressurisé en plein cœur d’un cyclone brutalement atypique à l’œil noir éthéré par les fabulations de tous les artifices de tous les 14 juillet de toute l’histoire moderne et des individus engoncés dans un brouhaha d’ondes denses à s’en scalper le ventre sans s’en apercevoir : la révolution permanente ! l’éruption des Vésuve : le cratère de mon crâne résonnant de crachats au choc irrespirable des tubercules de tourbes innervées d’émeraudes carnivores débitant la lumière entre leurs serres grossières pendant que chaque famille – fuyant l’endroit terrible de la fusion mortelle où les salves de laves bombardaient sans pitié comme jaillies d’un geyser de questions impures envenimées de mots – abandonnaient biens et champs au déchaîné des corps... j’aurai voulu mourir ? je me sentais partir, partir !

 

…Ah ? je mentais… (te connaître vraiment t’empêcherait d’agir ?) moi est circonstanciel ! la vérité m’étrangle sous le réel – m’étouffe ! il fallait choisir ! asseoir le mal pour vaincre le mauvais, tiser du beau pour dealer du bien ! erreur : me préserver du temps – puisque je mystifiais ! j’avais la faculté, libre de communion, de penser – démolir, dérégler, débiter : instinctivement m’égarer du sentier de sagesse, vers quel ailleurs ? quel présent ? quel autrement ? jamais l’histoire n’en saura moins... j’aurai écrit... des kilo-mètres « O ! galères ! O ! chaloupes ! O ! cimetières ! O ! soupes ! » et criblé l’anxiété de trous béats de moi, (l’unique chose qui vaille) moi, manquant d’ergonomie, d’individualisme (peut-on croire de pareilles inepties ?) de moi et du respect de moi, mes modèles, mes choix, comme préludes d’entente : l’intelligence hypnotique en éveil permanent, à des Miles Davis de... « approchez ! approchez  petits Christ gentils : venez dans la cité dépenser sans compter ! pensez que vos mamans vous ont abandonnés sous les enseignes pâles des boutiques sans vie » sans blague... c’est du funk ?

 

…Bullshit ! nous détestons la mode autant qu’elle nous méprise – et la faiblesse et l’argent : ces chiasses monumentales ! nous compilions assez de vices ahurissants pour nous féliciter de  flamber illico ces verrues sous l’azote de notre dégoût de plaire ! voilà ! ce que nous devrions connaître : « la folie est si proche de l’état de génie qu’il est inimaginable de s’en croire épargné  » de quoi ? nous sommes tous fous ! mille millions de milliards de... « venez tenter la chance & le destin flouer ! voir le tableau d’étoiles à vos pieds défiler ! et le tapis des Stars sous vos yeux dérouler »...

 

…J’aurai voulu guérir ? techniquement sortir de l’impasse – impossible ! vous avez remarqué : « le verbe est prémonitoire »  la moindre pensée s’enregistre, s’exagère, existe, indépendamment du quidam qui l’édicte : la fée bleue serait passée par là... chaque terme est usé, pesé, poussé vers sa limite, fracturé, examiné sous un angle passionnel inconscient : réalisé ! toute expression (soupir, plainte, extase, poésie) engage au repentir – crée, sur un mode imparfait, selon la loi chaotique des luttes d’influences, le ferment de son accomplissement ! fervents – nous sommes : à nous épandre, exporter nos enfers, nos bactéries, nos guerres, nos sciences, nos semences ! et ridicules ! et minuscules ! si nuls ! si fourmis, aussi, myxomycètes, aussi... galaxies miniatures ! modèles d’imperfection, nous sommes : admiratifs, contemplatifs, passifs, décoratifs, ré-créatifs, déficits d’images, de phrases, de cris – par-dessus tout – conditions organiques du devenir humain : des levures ! des cuves en effervescences ! une espèce de relais entre différents maux : un réceptacle de fréquences multi-con-fessionnelles ! nous gommons des passés, subissons des instants, dictons des dimensions, expérimentons (selon nos besoins nains de compréhension plate) confirmons nos acquis, testons nos objectifs, nos rhétoriques (peuh ! nos motivations) en ne creusant jamais que ce qu’on croit creuser, aveugles, en fait –  exceptionnellement : nous découvrons ! et nous laissons les morts s’occuper de nos friches ! O ! ce défaut-papier de toujours imposer sa jugeote au destin comme si rien n’était vrai – paradoxe encore : celui de la parole.

…Pensez ?  cet ordinateur ! calqué sur notre cognitif : binaires nous sommes, nous resterons, nous vénérons – des machines capables simplement de décrypter des chiffres et d’aligner des signes – systémiques – appelons-les : souvenirs ! langues ! apprentissages ! héritages ! niveaux de conscience (juxtaposés, classifiées, codés)  perceptions ! pôles opposés reliés par des nerfs, des synapses, du vent... autant de terres fascinantes inconnues descriptibles... je suis conscient d’être un trou noir, une déformation du temps dans l’espace, un aspirateur gravitationnel à particules quantiques, l’extincteur des étoiles, l’explosion d’une novæ, un vampire-prédateur-affectif accompli, puissamment nécrophage, un conciliabule de rats savants affamés d’absolu, une spécialité génétique improbable,  « parfaite réplique de elle et de moi », un match de boxe, un pur miracle ! un défi personnel aux lois de la physique : de l’eau, de l’énergie, des minéraux, des cendres – perles surréalistes... 

 

…Suis-je peintre-sorcier des créations nouvelles, libres de leurs états, étant elles sans moi ? cent fois je crois… où en étais-je ? ah oui : une histoire ! un livre tiens sur ses histoires (« c’est Littré qui dit »)… je sors de leur placard quelques démons notoires :

 

voix de Chamberlain

foi de Mortimer

merlus et merlans

se terrent

 

loi de la guêpière

des voiles et des pierres

mois de la misère

austère

 

roi de la galère

chaque coup j’opère

1000 fois super

joker

 

…youpi ! des poésies binaires !

…électron libre en époxy

équilibre hybridé calibre

aux pôles oppressés compressibles

des polymères sans nom précis

 

… pure poésie

 

des théogonies inconcrètes

quelques entrelacs indéfinis

d’hermétiques ironies secrètes

et le nombril à l’autopsie

 

… dramaturgie

 

du gaz en phase immatérielle

kyrielle de chromatographies

singulier alliage de pluriels

des pesanteurs d’analogies

 

…artificielles

 

vision d’oxydes aérobies

sans gravité sous troposphère

hydrocéphales et cellulaires

dans fuseaux lunaires amphibies

 

…moléculaires

 

des chiromancies souples et troubles

des suites de Fibonacci

de l’entropie – jolies syllabes

des cryptogrammes introvertis

 

…métaux solubles

 

abaque opaques et vecteurs vrilles

des scribes en hertz et en octets

coagulations combustibles

dans l’anthracite et dans l’éther

 

…des vers à pied

 

le plexus amplement solaire

et le diaphragme embrasé d’air

les artères assez terre à terre

et les orbites pleines de poussières

 

…noyées d’ampères

 

marins des astres origamiques

cougars arrogants organiques

courants d’ouragans orgasmiques

des anatomies atomiques

 

…numismatiques

 

encore ces murs encrés jaunis

entre ici-bas et l’univers

pour un zéro dix infinis

enfer ! mes nerfs !  parfaire

 

…ma vie

 

(silicium saturé d’émules

chaos cassé dans l’archétype

des téléportations quantiques

dans l’infra-basse de ton concept

 

…et dans ton slip

 

fontaines de lumières apocryphes

fluo-phospho-photo-statiques

optimisation du module

l’œil encablé dans ton optique

 

…holographique

 

arythmie sinusoïdale

du méthylène pisseront bleu

les stations services orbitales

dans le néant rempli d’opales

 

…et d’amygdales)

 

mon amiral !

 

…Logés, dans une cage à géométrie variable, nous varions les genres, les gens, les gènes et j’ai - figé - dédales d’odes ondines instables, des plaies, des traits, d’un jet, jouets, légers, jetés des autres dimensions ! projet bandit de délit d’art, tartare, délibérément orageux, aux aguets, griffant l’inspiration dans l’émotion lyrique, déluge métrique d’éloges logiques forgées d’urgence arithmétique, j’ai nommé : la méthode en danger, provocante, enragée, des gammes dégainées, solfèges ignifugés d’abîmes physiques palpables, plutôt pas mal cicatrisés, d’indélébiles diatribes tribales, placides et mécaniques, viscères de rêves servis saignants, ballets mirobolants d’images élaborées d’idées – cymbales, symboles magiques, vestiges vertigineux d’hallucinantes Andalousies zoulous ! ribambelles emballées de balles bleues lobées, des ballets de syllabes, des fables, d’aimables songes…

 

…J’irai me purger, boire aux sources des lianes en compagnie des singes et jongler dans la jungle des vergers de mygales, des langues idéales et des germes d’étoiles, gorgées de jus de mangues, larsen de sonar vierge rugissant d’innocence exacerbée d’amour…  

 

…je laisserai voler mon imagination

jamais ne se poser que sur l’incarnation

des belles choses – les belles roses

(maintenant l’histoire importe)

 

…qu’ai-je juré jeudi que je promis déjà ?

je volerai le lait de l’imagination

qu’ai-je promis déjà que je jurais jeudi ?

j’emporterai la cause et l‘incompréhension

 

(dorénavant la donne émane, et man ! pause : j’ai pris quelqu’chose ?

 

…j’écris – j’ai gerbé

  des tomes de brebis !

ô bergères –  ô bergers

– les toon's de sens crient !)

…Feuille 2 roots :

 

…Plus verte que l’esprit, la main, autour de 3 heures du matin, sous un ciel crotté d’étoiles, sur le sable d’une plage de Méditerranée – la main dessine des petits riens, s’attarde… « c’est mou ! » clame l’esprit, qui, lié à la main, malaxe une tige, un genre de végétal sucré, gras de lumière, nourri de roches et de sel, luisant, la nuit, pendant que les vagues s’abîment à quelques centimètres de lui – la main malaxe, quelque chose comme une espèce de mauvaise herbe, en symbiose avec les dunes, avec les vents – l’esprit, ravivé d’un coup, s’accroche contre l’iris de l’œil, pleure, des larmes de crocodile, écumes de perception, tremblements irrépressibles, qu’un  simple toucher suffit à déclencher : fou rire ! la plage entière se met à rire,  le sable est révolutionnaire ! comme l’esprit traquait, en lui, sa clé : la main vint lui porter – alors ? comme une mouette, dont l’étrange trajectoire aérienne trace des tangentes aux nuages – la main, vive dans le temps, alerte dans l’espace, entreprend de décrire ses rudes rêveries… et c’est encore l’idée qui gagne l’esprit de vitesse, et la main qui les dépasse…

 

Parfois, subjugué, par la blessante clarté d’un ciel pur…

 

…Ou le calme d’un arbre sous le saphir d’étoiles étincelantes, crées par la concentration des cellules atmosphériques, hydriquement perturbées, déviation des photons de leur course solaire, ondulatoire, ordinairement pâle, baptisées (sans risque de me désintégrer dans l’énumération) - perles de rosée sur un brin d’herbre frais…

 

…Ou le défilé pompeux des géraniums raides, plantés dans le béton armé des bacs à fleurs, comme un parterre de têtes sur des rangées de corps, entourés d’acier, dont l’éclat vif-argent rappelle le champ de guerre, qu’un travailleur mélancolique, commis des techniques communales, arrose quotidiennement, perpétuant la vie d’inutiles végétaux d’ornement immangeables - mais tellement beaux…

 

…Ou le pavé poli d’une vieille cité d’Europe, par les pas des marchands porteurs, fatalement, de nouvelles en tous genres relatives au commerce, au fil des banqueroutes ou des fortunes faciles, qui se transformera en allées marbrées de dalles, menaçant les passions des passants sans argent, de ne jamais s’épanouir, d’être vaincus d’avance, paupérisés, mendiants, car appauvris dûment, décemment raisonnables, et contemplant de près - la fragilité d’être…

 

…Ou l’alléchant produit d’appel à consommer, malignement vanté par de glaciales affiches, aux coloris de braises, dans l’angle de vision d’une caméra braquée, suggérant au naïf, instinctivement accro de l’appropriation, d’imposer son veto contre sa volonté, d’assouvir sa pulsion de possessivité, de se rendre le maître, l’unique, l’inégalé, de l’objet désiré, dont la svelte hypnotique virginale nudité se dévoile aux regards accolés sur la vitrine, aux jolies couleurs d’or, aux reflets cristallins, trop nets pour être clairs - cependant que les pupilles, troublées, en occultent déjà, l’origine policarbonatée…

 

…Ou l’enseigne, à jamais vernie par l’apprenti crevard, amaigri à outrance par ses excès nocturnes, l’employé paresseux, sur-diplômé, râleur, complètement flyé sur ses droits et devoirs, redevable, en espèce, d’un salaire misérable au mécène qui l’emploie, qui se saigne les artères plus qu’il ne le mérite, pour pourvoir socialement à ses obligations morales, ses gémonies envers les jeunes : les pathologiquement mous, cyniques, désabusés, qui se perdent en palabres dans les A.N.P.E. au lieu de s’élancer sur la sainte autoroute de l’intégration sûre, de l’ouvrier content, humaniste et conscient de participer à la réalisation glorieuse d’une entreprise modèle qui marche…

 

…(Oh la la ! désastreuse, pernicieuse jeunesse – aveuglée par le vice, l’échec, l’assistanat, ne faisant qu’à sa tête et qui, n’écoutant pas, se fout des origines, tam-tam son désarroi en sortie des concerts, à la tombée des bars - débauches de sentiments, minuit passé contre le mur des vibrations, cernés de dijeridoos, de platines, de guitares désaccordées exprès pour la provocation, tagant des icônes chromes avec des lunettes miroirs, sous les fenêtres closes des citoyens sans teint – qui finira droguée, alcoolique ou mongole, pendant qu’on mettra l’ordre, en ce bourbier, la trique – ou quelque chose comme ça) …

 

…Ou par le paysage sonore, qu’un seul oiseau réussit à emplir d’un sifflement charmant, égayant l’innocence, dans mon fort intérieur, des parfums de lilas, des souvenirs de paix, dans l’odeur écrasante de l’asphalte flambant, sur la nationale 9, et fumant de consort avec les échappements des géants 33 tonnes venus de Barcelone, et qui, jusqu’à Athènes, Saint Pétersbourg, Stockholm, pollueront sans pitié…

 

– si les moteurs pouvaient se taire et les oiseaux chanter

– si les rires des enfants pouvaient nous emporter

– si les plantes pouvaient grandir et les arbres s’étoiler

– si je pouvais éternellement les apprécier

 

…Enfin, subjugué par tant de sentiments contradictoires, je marche, sans but, sans déranger, à perdre haleine, attentif aux illusions, détective, je vais – du réel au rêve, de l’ombre à la lumière, du centre à la périphérie - les sens aiguisés par cette impression de vide... je passe devant un parc, une école, un temple, il m’arrive également de ramasser des feuilles, qu’un bel automne décroche des arbres solitaires, pour y planter des vers, et parfois, aussi, je pleure… pendant que dans mon coeur naissent ces mélodies...


:: trash 2008-10-23 13:19:21 [Permalien] ::
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:: Mercredi 22 octobre 2008 ::
Solitaire

 

Cette fois - comme autant d’années qui le séparent d’elle,  il descendra du train, dans sa cité.

Cette fois, comme autant de souvenirs assaillant sa conscience, personne ne l’accueillera.

Alors, ayant salué la femme qu’il croisera, sans être vu - ils s’aimaient si fort avant - il foulera les dalles du quai.

Il humera l’atmosphère, l’odeur de potasse, la crasse de l’air, la pluie.

Il regrettera ses amis  - il voudrait tellement qu’on puisse revenir en arrière.

Il voudrait changer d’histoire.

Il n’ira pas très loin - non - juste en face, quelques secondes, et il déchargera son cœur.

Il fermera les yeux, respirera à pleins poumons, se collera la rétine contre le paysage en espérant débusquer quelque chose d’inconnu.

Il évitera les voitures, se dirigera vers le bar, poussera la porte, calmement.

Il ôtera son manteau, réclamera une bière, s’assoupira devant, au chaud.

Ce sera l’hiver et il fera noir.

Il contemplera ses torts, comme autant d’actes creux de son existence, avec la patience du condamné à mort.

Il égrainera ses maigres possessions, et il payera sa note.

Il se souviendra des heures perdues.

Ses lèvres se crisperont sur le verre - comme autant de lèvres crispées contre autant de verres vides.

Mais rien - ô grand rien, de sa lie, ne paraîtra.

Il gardera la douleur et la solitude dans laquelle ses rimes l’ont plongé, dans l’ombre de son être.

Il pleurera un peu, piétinera ses larmes - et le trottoir mauvais.

Considérant ses failles, il fera demi-tour, talent tué - personne ne l’enviera.

Personne ne lui souhaitera la bienvenue, ni d’heureuses aventures.

Personne ne l’approchera.

Il remontera dans le train, regardera en arrière - pour n’oublier jamais.

Il donnera un dernier coup d’épaule au destin, refusera de saluer les corbeaux.

Les cafés trembleront dans les blocs du foyer d’hébergement.

Enfin, comme autant de manques dans le vide de sa vie - et comme autant de kilomètres absurdes, il s’en ira.


:: trash 2008-10-22 17:52:38 [Permalien] ::
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:: Mercredi 22 octobre 2008 ::
Trashzone (nouvelle)

1ière partie :

Je dois encore dormir.

J’ai l’impression de nager dans un nuage de brouillard. Etrange coton. Etrange aussi cette sensation de paralysie, cette incapacité de me diriger ; corps-cerveau-comprimés ; comme si l’information passait mal, aléatoirement  : un coup/marche, un coup/arrêt, un coup/oui, un coup/non, on dirait un interrupteur saisi de hoquets. L’angoisse ; Celle de l’ultime court circuit, la peur d’enjamber le néant sans parachute.  Je commence à distinguer une pensée ; petite-bulle-de-verre-au-milieu-d’un-rêve-vide-au-cœur-du-vide ; ou l’annonce d’un réveil imminent. Allez ! Juste un moment d’absence avant d’ouvrir les yeux, une seconde, une parenthèse. Fais un effort ! Appelle ! Le premier clignement d’œil, le premier rayon-aveugle-de-lumière-sous-paupières-mi-closes : Je vois ! Qu’est ce que je fous là ? Quand m’a t’on anesthésié ? Ma mémoire marche comme dans un jeu vidéo, par étapes.

Le jour a décollé avant moi. Il doit être onze heures ou midi, approximativement, selon l’état du soleil. Cela devient obsessionnel chez moi : savoir l’heure / savoir ou je suis. Je reconnais l’endroit. Mon attention se pose sur le canapé-bleu-brun-moche-déchet, reflet s’il en est un, de la laideur banale du lieu. En réalité, la vision de ce canapé-pourri me rassure, sur un point au moins : je-suis-chez-nous. putain de mal de tête ! Estomac noué, bouche clouée, sensations claustrophobes, j’ai urgemment envie de gerber, je me retiens tant bien que mal. Dans cette pièce, même la lumière est sale, grise, dégoûtante. J’étouffe. L’air que je respire par bouchées quasi-solides a le goût râpeux du sable. L’atmosphère transpire, la condensation stagne. tout  schlingue ici, tout pue la merde, la pisse, la crasse, la sueur, la fumée d’hier, d’avant hier, et chronologiquement, d’il y a cinq ans qu’on squatte ici sans gonzesses. Faudra penser à nettoyer, un de ces quatre …

Putains de mouches ! Merde ! J’en ai partout ! Pattes-hideuses-reflets-vert-sanglants-regards-de-mort-ô-torses-poilus ;  la mouche est la pire nuisance que l’homme ait toujours eue à supporter depuis l’éternité qu’il serre les dents, qu’il gesticule, qu’il brasse de l’air, qu’il claque des mains pour, exceptionnellement, en dégommer ne-serais-ce-qu’une-de-ces-sales-mouches. J’explique : incontrôlables tourbillons bruyants, imprévisibles loopings, réalité dégueulasse, la mouche s’accouple sur des tas d’excréments louches, se nourrit de l’agonie de ses pairs, s’agglutine en nuage fluide au plafond, aux murs, sur ton propre lit – impossible de les dénombrer – et ne perd jamais cette détestable habitude d’atterrir sur ton oreille quand tu ne l’attends plus. J’ai beau m’envoyer des baffes : rien à faire ! Ces salopes sont en bandes : Elles sont invincibles. Momentanément, leur intérêt se porte sur ce truc indescriptible qui gît à mes côtés ; Claude !

Un amas de soixante kilos de mauvaises bidoches décervelées et antipathiques, dans lequel certain tarés, dont je fais principalement partie, voient un ami. Un vrai ! Dieu m’est témoin qu’elles le harcèlent, les chacals, par centaines d’ailes sonores, faisant passer son ronflement gras pour le doux ronron d’un moteur huilé. C’est son pif qui les attire, repoussante-montagne-de-cartilages-écrasés-et-de-sang-coagulé. Je comprends mieux leur insistance. Ca doit faire mal. Mais il s’en fout. Il dort, le bienheureux ! Espèce de lamentable ! Sûr qu’il ne sent rien. En fait, il n’a plus de nez : qu’une blessure-béante. Il a du se cogner. C’est un hargneux, le Claude, susceptible et tout… Qu’est ce qu’on a pu se mettre hier ? La question me tracasse. Je dois le réveiller. Je m’y prends avec des pincettes, en plusieurs fois, vu la profondeur de son sommeil. Il grimace, l’animal. Au bout d’un long moment, il sursaute :

« Humm… »

« Claude ! Ca va ? »

« Humm… »

« Qu’est ce qu’on a glandé hier ? »

« J’sais pas… », sa voix est lourde, «Laisse-moi ronquer…»

J’acquiesce. Mieux vaut ne pas l’emmerder trop. Je redemanderai plus tard. Il répondra peut-être… Il n’est pas très bavard. J’essaie de ne pas penser, ne pas ressentir l’abattement malsain du type qui se regarde en face. J’ai banni les miroirs de mon existence. Je résume mon quotidien à ces murs jaunes, tapisseries-sales-et-trouées, cette vision qu’on a du monde, filtrée par l’épaisse couche de poussière opaque qui masque la fenêtre, enfin : la baie vitrée. Dehors ? C’est la désolation ! Un semblant de nature se réapproprie les ruines. Autrefois le quartier devait être un îlot tranquille, un oasis de bons bourgeois bien pensants, ceux-là même qui décidèrent la guerre. Ces gens vivaient dans/et/pour le calme, le respect des valeurs, la république, la paix conservatrice. Je m’y suis rêvé gamin. J’y habitais. Je jouais avec les autres gosses. Nous riions. La rue était belle. Il y avait des grandes maisons, des jardins pleins de fleurs, des grosses bagnoles qu’on voulait conduire, des réverbères en bronzes qui faisaient le bonheur des chiens et l’admiration des maîtres. Mon enfance à moi n’avait rien à voir.  De toute façon je ne m’en souviens plus. Qui étais-je avant les combats ? J’ai oublié !

On a tous oublié ce vivre peut signifier ! On survit comme des hyènes, autant dire comme on peut. On s’écorche pour un rien. Tiens ! La semaine dernière : deux cadavres de plus à noter sur mon agenda ; rubrique-nécrologie-des-bons-amis ; lors d’une baston stupide, contre un gang idiot, à propos d’un radio-cassette qui ne marchera jamais, vu que les ondes ont cessé d’émettre, que l’électricité n’est plus (vous auriez entendu ce boucan, quand l’armée a rayé la centrale de la carte…), et que les rares piles sont précieuses. Une relique, quoi ! Je le répète : la musique, c’est un mauvais souvenir !

Je m’extraie de ma torpeur matinale quand le premier coup de feu retentit. Ca sonne comme une sommation. Puis une rafale. Puis une autre. J’entends tirer dans tout l’immeuble, et des hurlements. Réflexe : je saute sur mon flingue. J’enfile mon froc. Je crie :

« Claude putain ! Réveille-toi ! »

Je fais des ronds comme un caillou dans l’eau. L’enclume ne bronche pas. Il en tient une grave-de-couche. Je bondis derrière le fauteuil quand la porte de la piaule se fracasse contre le sol. Claude ouvre grand les yeux. Deux gus se faufilent dans un filet d’ombre, costumes noirs, mitraillettes au poing. Ils ne me remarquent pas. L’un d’eux tire. La rafale le transperce de haut en bas. Un filet de sang se mélange avec sa bave. Il tente de s’exprimer, lui qui ne parlait déjà pas beaucoup, ce coup ci, les mots lui manquent, son souffle se dérobe, il ne dira plus jamais rien. On ne saura jamais qui l’a défiguré. Adieu l’ami !

« La place est libre ! » gueule celui qui a plombé mon meilleur pote, à son collègue, planqué dans le couloir. Je respire.

« Fouille encore ! » rétorque l’autre crapaud, certainement son boss. Mon cœur se congestionne. S’il se retourne, il me débusquera.

Je me dresse, je pointe, je tire – comme ça – et je l’ai ! Il s’effondre mollement, au ralenti. Deux costauds déboulent dans l’arène, pas-contents-du-tout, ils m’arrosent. J’use ma dernière carte : je m’élance vers la fenêtre en priant pour qu’on m’écoute. S’il y a un Dieu… bris de verres contre mon corps, j’explose la vitre – on est au deuxième - je tombe en piqué. Les fébriles fractions de secondes qui me séparent du trottoir prennent la dimension d’une vie entière. Je m’écrase sur un mélange bâtard de goudron et d’herbes sauvages. l’éclate ! Je me relève, avant qu’ils ne m’allument. D’ailleurs, ils commencent. Je cours jusqu’à l’orée du bois. La forêt est à cent mètres : c’est mon jour de chance…

… Je ne sais plus pourquoi je cours, mais je cours,  vite-loin-depuis des heures, chaque enjambée réveille en moi une souffrance nouvelle, je supporte, je cours, jusqu’à en perdre haleine, jusqu’à cet arbre, je ferme les yeux …

Rêve :

Plusieurs formes s’approchent à pas lents de ma prison de terre. Ouvrez cette cage ! Le verrou coulisse en expirant une note grave, inquiétante. La porte s’entrebâille. La-lumière-pleut. Plus larges que des baobabs,      des arbres immenses, totems difformes, divinités/démons doués de parole, affublés de masques psychotiques, se disputent mon sort d’une voix monocorde-scépulturale, m’ordonnant solennellement de gravir la montagne, pointée comme un sein, au centre de la végétation tropicale. L’un d’eux, de ces Dieux, le hideux, le petit, précède mes pas. Il boite. Il est pourtant rapide comme une anguille. Une bosse difforme appuie sur sa colonne vertébrale. Une toge noire-comme-les-ténèbres tente vainement de dissimuler son faciès meurtri, aux traits de singe, où brûlent d’aliénation des yeux exorbités, qui semblent lui bouffer la moitié du visage : un regard diaboliquement fou, méchant. Ses ombres, car-le-soleil-l’en-dote-de-plusieurs, se projettent jusqu’aux ultimes feuillages des plus hautes cimes. Une obscurité tentaculaire se dégage de sa maigre silhouette, croît, se divise, se matérialise en bataillon de clones gémissants, en étoffes de jade. Je les fuis, affolé, ralliant la montagne, pieds nus, sautant dans les ronces, espérant semer cette horde de monstres minuscules. Avant d’avoir compris quoique ce soit, j’atteins le sommet. N’ais-je jamais contemplé falaise aussi pentue ? La montagne s’enfonce apique dans les eaux infinies. La mer à-perte-de-vue se confond avec le ciel intensément bleu. J’ai le tournis. Tout est bleu-et-éclats-de-soleil-en-fusion-comme-de-l’or-neigeux. Spectacle fascinant ! Du côté opposé : plus d’arbres, plus de sentier, seulement une tâche sombre, un brouhaha de plaintes vaguement animales. J’ai plongé. On m’a poussé. Quelle chute ! Un hurlement se faufile entres mes larmes : le mien ! Cauchemar. Je hurle. ahhrg !

 Il fait nuit – froid glacial- je suis couvert de sang. Cette odeur de tartare, dans une situation différente, ranimerait certainement mon appétit. J’en oublierai sûrement les incalculables débris de verres qui cisaillent ma chair, jusque dans ses replis secrets. Très sincèrement :  j’ai mal ! J’ai perdu du liquide, des litres de sang. Les broussailles rouges sont poisseuses -baisse de tension- je dois bouger.

Un chêne ! Putain un arbre ! Tends-moi ta branche compagnon ! Celle là ! Ma vie contre ta branche ! Je ne veux pas finir ici, tu captes ?  ! La feuille. oui ! Je remonte la tige – sensation-de-produire-un-effort-surhumain ! Je m’agrippe, me hisse à la verticale, ho-hisse ! Merci les anges ! Arrêtez ce vertige à  la con ! Eteignez les étoiles ! Je ne contrôle plus mon bras ; mon bras verse mon âme en jets tièdes et globuleux sur la forêt, repeinte aux couleurs de l’arc-en-ciel. Stopper l’hémorragie ! Mettre mon doigt dedans ! Résonances-de-cloches-dans-ma-tête-au-carré !  dedans ! C’est la seule solution ! Tu sais ? ahhrg ! Ca fait du bien, bonheur-furtif-immédiatement-balancée-par-un-doute-pressant. Ma ceinture ! Attraper ma ceinture. Petites mains, écoutez-moi : je vous demande de chopper ma putain de ceinture, voilà… Comme çà… Doucement … Garrotter mon bras.

J’ôte le doigt de mon artère. Une nouvelle fontaine-de-moi-même-gicle-dans-la-nuit-dense. Je sers très fort.  Une langueur néfaste s’empare de mes perceptions. Une fatigue ennemie. Je réfléchis – je crois – entre les sursauts nerveux et les frissons nauséeux. Vais-je enfin reprendre conscience dans mes draps moites et respirer l’air-sacré-d’une-journée-comme-une-autre, c’est à dire sans problème ? Une pluie de lames acérées torture chaque pore de mon épiderme. Mille rasoirs taillés en pics, échus-d’on-ne-sait-où,  tranchent mes veines, assaillent mon esprit, qui chaque seconde, change de fréquence. Mes nerfs se convulsent. L’adrénaline me secoue la moelle épinière par vagues dévastatrices successives, en accélérant dangereusement, comme-une-course-de-voiture-contre-la-grande-faucheuse. pas de pause !  L’instant me chatouille frénétiquement, comme des gouttes de pluie chaudes sur un corps nu. Il pleut à verse. Un orage bienvenu nettoie mes plaies. Au fait : il fait jour -je suis vivant- je raconterai çà à mes enfants …Je m’évanouis, brutalement.

Je reprends conscience dans une marre de sang, pataugeant dans une flaque d’hémoglobine mauve. Je regagne l’équilibre. Ma raison revient. C’est-une-très-belle-après-midi-d’automne ! Je tangue entre les arbres. J’ai déjà trop comaté ! tout est si calme ! J’apprécie la mélodie du chant des oiseaux, qui défendent gracieusement leurs nids. Je devine les regards des prédateurs déçus, tapis dans un coin, dans l’attente de mon dernier soupir. L’évolution est ainsi cruelle : il faut rester tenace pour mériter sa pitance, pour garder sa place, pour ne pas se faire bouffer. il faut être ! L’ambiance est paisible. Odeurs-de-feuillus-et-de-pins. Je n’ai jamais fouiné par-là. Je suis en terra-incognita. La lumière est feutrée. Les sons sont étouffés. L’air est humide. J’ai du parcourir des kilomètres avant de trébucher contre ce chêne, qui m’a sauvé.

Pourquoi tout ce cirque ? J’ai toujours eu le don de mettre mes godasses dans l’omelette sans m’en apercevoir… Mais là ? C’étaient qui ? Ces tueurs du dimanche, qui maniaient l’uzi comme des pros : services secrets ? Milices privées ? Cow-boys indépendants ? Mystère. Qu’est ce qu’on a pu se mettre hier, pour attirer ces  fous furieux ? Va savoir ! Impossible de deviner la cause de cette boucherie-rodéo ! Trou-noir ! Get a fuck out of here ! Une dernière pensée furtive pour le Claude. C’était un chic type. Le genre a faire sa prière le matin sans n’avoir aucun souvenir de ce qui a pu lui arriver la veille, un pur saint … En souhaitant qu’au paradis, plutôt-en-enfer-où-la-majorité-des-potes-croupissent-déjà, on lui crée moins d’embrouilles. Ca vaudra toujours mieux que de se trouver, amorphe, dans un coin isolé, en quête d’une vérité certainement absurde, avec un bras en moins. J’amputerai plus tard, si je dégotte une hache J’en rachèterai un tout neuf au marché noir, si je m’en sors. Et c’est reparti ! A la guerre comme… Merde ! J’étais persuadé que c’était du passé : ces conneries. Quelle larve suis-je devenu ? Des années de squatt et de larcins m’ont viré toutes velléités curieuses. Habituellement, je m’accommode facilement des opportunités données par la nature.

Je connais  à peu près les moyens de m’en sortir ; champignons, plantes, racines : Je suis pratiquant !  En route... Quand le ciel t’en fait baver : Aide- toi tout seul ! Avec tes ongles et tes tripes, si besoin … J’ai méchamment la dalle. Si je pouvais seulement buter un gibier ! Je m’arme de patience. Je marche. Douleurs abdominales : je me traîne. Il me reste cinq cartouches à tirer. Surtout ne pas en rater une. A l’affût du moindre craquement de feuilles, mes sens sont en éveil.

« Crac ! » Un bruit ! Frissonnant comme une feuille derrière le tronc d’un arbre, je sens ma proie trembler. Un renard fera mon affaire ou un chat ? Ca paraît plus gros. Montre tes fesses, brochette. Oh, put… maintenant. Je tire. J’ai le geste imprécis. Enfoiré ! Il se casse ‘culé… Trop gros ! Merde ! C’est un homme. C’est le docteur coX, le seul digne de ce nom – en fait- le seul que je fréquente. Je m’égosille :

« coX ! C’est moi ! T’en vas pas… coX ! J’suis blessé ! J’ai besoin d’aide-de…de… » Je bégaie.

Il ralentit, m’observe trente secondes, reprend ses jambes à son cou.

«  Qu’est-ce que tu branles coX ? Qu’est-ce que tu fous connard ? Reviens, putain ! Tu  vois pas que j’suis mal ? Enc... ! ».

Il est hors de ma vue. Je vide la majeure partie de mon chargeur dans sa direction, en traitant sa mère. Déveine ! Un docteur qui crache sur ses malades : je lui chierai dessus !

« Crèves ! ».

Je ravale ma douleur. Je ne peux pas me permettre de m’asseoir Je m’engourdirai... J’ai faim. Dans des moments pareils, il arrive toujours un truc… Bingo ! Devant mes yeux. A portée de tir : un terrier. Un-h-l-m-de-lièvres-gentils-où-un-joli-civet-paniqué-espère-encore-que-je-ne-l’ai-pas-remarqué-pour-bondir-sans-bruit-loin-de-ma-vue-et-pourtant : en voilà un que sa famille regrettera longtemps ! Soit dit en passant : j’aime traquer. Généralement, je prends un pied dingue à pister ma cible, à la paniquer, à l’épuiser, à la tuer. Mais pour une fois, on me mâche le boulot et je ne m’en plaindrais pas. Si j’avais l’occasion, je la laisserai s’enfuir à deux ou trois reprises, histoire que le match soit équitable, histoire de savourer mon crime, mais bon … Cette fois : pas de quartier !

Configurer-la-cible ! Lever-gun ! Viser-juste ! Pan ! La-mort-fuse-comme-une-flèche-de-mon-épaule-à-son-cœur.

Ses nerfs cèdent, saisis de convulsions. Je l’empoigne, le pends, tête en bas, grâce aux lacets de mes chaussures. Je  l’égorge avec mon couteau de poche ; son être coule en ruisseau le long de mes jambes ; quelques décilitres      de sang supplémentaires… Je le décalotte, des pattes au museau. Dix pareils et je pourrai me faire une veste.  Je glane quelques bûches, des brindilles, des cèpes, je bas son cadavre pour aplanir les muscles,  je prépare un feu, y réchauffe mon buste tailladé. La cuisson exhale un merveilleux fumet. Je le mange. Mon corps me remercie. Le-pire-est-à-venir. Je commence à m’extraire les bris de glaces, un par un. Certaines blessures ont coagulé. Je cautérise les autres à l’aide d’un tison, versant mon-dégoût-et-mon-soul-à-tue-tête. Je pense à cette taupe de médecin. Si je le croise à nouveau, je l’étripe avec les dents. Je suivrai son odeur jusqu’aux confins du monde. Je lui arracherai les yeux. Je l’écouterai crier comme je m’entends crier. Il ne m’échappera plus. Cette pensée me conforte. Ma respiration déchire mes poumons. Je boue. Je suffoque. Exténué, le soir se couche, la douleur s’apaise, je campe ici. Je m’endors.

Visions-hallucinées-d’un-singe-dément-aux-canines-de-vampire. Gravir une montagne en m’arrachant la corne sur du silex. Plonger d’une falaise abyssale dans un océan sans fond -moment d’absence- me réveiller à l’aube, dans la sueur et les larmes.

Ce rêve est tellement débile qu’il est forcé d’avoir une signification. Je rogne les restes de chairs sur les os du lapin en essayant d’y entrevoir un signe. Ces voix qui me dirigent … Je manque d’imagination. Mais non de D… Bien sûr ! la montagne ! Juste devant mon nez. Cette pute me nargue par la fenêtre de l’appartement, depuis cinq ans. Quelqu’un-ou-quelque-chose-dans-mon-cœur-essaie-de-me prévenir : de-quoi ?  Pourquoi cette image me hante ? Y trouverai-je un salut ? Une réponse ? Est-ce un simple délire ? Quoiqu’il en soit : où est-elle ? Ici je ne vois que des ombres.

J’escalade un arbre dans le but d’y voir mieux. Je soulève péniblement ma carcasse handicapée, grimpant vaillamment jusqu’au soleil levant. J’ai encore plus mal qu’hier, les courbatures, les débuts de cicatrisation, me font l’effet d’un gant de clous rouillés, avec lequel on me laverait de force, sous une douche d’acide. Je surplombe la forêt, à califourchon sur la dernière branche d’un gigantesque chêne. Les crêtes ressemblent à celles que j’ai fantasmé. J’admire l’aurore de mon perchoir. Faut-il toujours qu’on soit prêt à mourir pour apprécier les petites choses simples, qui sont l’attrait principal de nos vies insignifiantes ?

Mon attention se fixe sur un bourdonnement d’abeilles insistant. On dirait des frelons. Le bruit grossit. Je tente de visualiser la ruche qui pourrait migrer : pas d’insecte à l’horizon. nada ! Ah si ! Des minuscules tâches galopantes dans le ciel. Des …fuck… des hélicoptères de l’armée ! Des machines de guerre obèses comme des vaches, une dizaine, qui s’approchent de mon perchoir à la vitesse de l’éclair ! Pas-de-doute : elles-sont-pour-moi !             

Qu’est-ce que nos généraux manigancent encore ? Elles sont quasiment arrivées à mon niveau… J’anticipe la menace des lourdes mitrailleuses automatiques qui sont capables de canarder une région entière… Je sais de quoi je parle : je l’ai fait  bordel… elles … Vite… Putain elles chargent… Fuir… ratatata !

Perché à dix bons mètres, au-dessus du sol, la vue est imprenable. Je savoure ce bref aperçu du vide qui me sépare de la terre ferme. Je déguste ce vertige. Je déglutis. J’inspire fort, comme pour plonger dans une crique, vers l’eau transparente d’un lagon paradisiaque. Rien qu’un ridicule saut de l’ange : Pour le plaisir de s’écraser en beauté. Fermer les écoutilles, les tenir closes jusqu’à l’atterrissage. Transformer la souffrance en plaisir. Ne pas s’imaginer bringuebalé d’arbre en arbre, marionnette désarticulée, cogné de branches en branches : colonne broyée, côtes pliées, menton arraché, crâne percuté, jambes choquées, odorat coupé, lèvres-froissée-dans-un-déchirement-terrifiant, oreilles closes pour ne pas m ‘entendre détester, goût de dents cassées, échos de batteries dans mon squelette, comme si mon cou s’enfonçait dans mon dos, jusqu’aux fesses, sexe serré-piégé-dans- un- étau- invisible, plaies ouvertes encore, plaies minimes, face au final d’entrailles éventrées, comme un sac poubelles jeté du toit d’un immeuble. Impact. Aucune option viable.

Seulement rester debout ! Juste continuer ! Debout ! Tu comprends ? Je m’appuie sur mon bras anciennement valide, plié au coude en équerre. Gémissant, je me relève. Je cours en zigzags. Ils continuent de cartonner. Ils ont branché les infra-rouges. Ils veulent réellement mon scalp. Les arbres qui m’ont gentiment désemmanché, me servent dorénavant de boucliers - comme quoi : tout est relatif. Les balles crépitent autours de moi, soulevant mes cheveux. J’entends les pales des aigles d’acier fendre le vent placide, murmurer dans mon dos : tôt ou tard nous t’aurons ! Leur légère brise caresse ma peau par saccades, à contre poil. C’est-du-délire. Ils me ratent systématiquement. Enfin, ils changent de direction. Instinctivement, je me dirige vers ces maudits monts qui hantent mes cauchemars. Je trébuche sur une chose flasque. C’est-cet-enculé-de-coX-docteur-de-mes-deux … Ses membres sont criblés de métal, ses artères bouchées par des aiguilles de pin et des fourmis rouges. Il s’est empalé sur une souche. Sale-truie ! Même mort, il garde ce faux air de mauviette mal baisée. Vas-frire-en-enfer-charogne ! Je lui fourre mon talon dans la gueule. Sa tête se décroche de son socle vertébral, s’en allant rouler dans les buissons. Bien-fait !

Ils ont perdu ma trace. J’en ai ma claque. J’avance à découvert, à flanc de montagne. Quelle connerie me pousse indubitablement dans ce pétrin ? Je cavale sans but depuis presque deux jours : Je suis complètement timbré ! Je n’en ai plus rien à foutre ! Tant-que-brille-le-soleil-dans-le-ciel-ambré-et-les-étoiles-lactées-dans-les-firmaments-d’encre-il-reste-un-espoir : je peux sauver ma peau ! Je continue la course ! Il doit être midi, une heure...   

Je vous l’avais dit ! C’est une obsession chez moi : savoir l’heure / savoir où je suis. J’ai l’usage de mes deux jambes, pour l’instant, c’est l’essentiel. Je suis un mec, merde ! J’ai de l’avenir à vendre. Surtout : ne pas se retourner, aller de l’avant ! Je clopine vers ma délivrance, ou-ma-fin-c’est-selon ; et-alors ? La mer est à deux pas. Les cailloux sont troubles. Je ne sais pas d’où je sors cette ténacité de zombie ? L’énergie du désespoir ? L’après midi me suffit pour atteindre la crête. Providentiellement, aucune menace nouvelle, aucun cumulus agressif ne s’amoncelle devant moi, le ciel reste muet, étanche. Je marche à la rage de vivre. A part mes orbites pochées -montgolfières-jaunes-aux-pourtours-beiges- mes ecchymoses purulentes, mes bras inutiles -le gauche gangrène- ma cage thoracique défoncée, comme explosée par une mine anti-personnelle, rien ne présage d’une déconvenue sérieuse.

Rien-ne-présageait-il-y-a-à-peine-une-seconde-d’une-déconvenue-sérieuse, cette mâchoire métallique, implacable, qui enserre à présent  ma cheville, fouillant mes tendons à vif, sans soucis de ce que je peux dire ou ressentir. Me voilà fait comme un rat, coincé dans un piège à loups, qui, Dieu-seul-sait-comment, traînait pile sur ma route, sous mes pieds. Braconniers de merde ! Je plie sous mon poids, je m’affale, visage contre terre, broutant l’herbe fraîche des verts pâturages. La chlorophylle déteint sur mes papilles, m’enivre jusqu’à l’écœurement. Les graviers s’entassent au fond de ma gorge. Je crache : postillons de sables et de salives-écarlates-gluantes. J’ai toujours détesté les ruminants, excepté dans mon assiette. Je hais les vaches et les moutons ! Ce coup là : je meule et je bêle à la fois. Je suis réduit à l’état de bête. Comme-par-hasardement. A croire que j’ai fait quelque chose de vraiment mauvais, au cours de mon existence !

Je pressens, tel un ouragan de joies hystériques, défilant en dansant autours de mon être démuni, la pernicieuce présence d’une aura maléfique, le vol majestueux d’un vautour régnant-en-maître-absolu-sur-l’azur-vermeil-béant, signe d’un déclin proche, l’ombre-qui-va-et-vient-sur-mon-lit-de-mort, survolant lentement ma dépouille, m’annonçant l’inexorable : le bout du tunnel. IL prend son temps. Déjà, son cri, strident, dépèce mes tympans. Tantôt, son bec de charognard viendra me décoller des bouts d’anus. Mon cul ! Ce n’est pas un vautour. Ni un faucon. Ni même un inoffensif corbeau : ce-sont-sept-huit-neuf-dix-anges-de-la-mort-mécanisés-avec-des-soldats-dedans ! des putains d’hélicos ! Ils vont m’abattre. Je sens la mort proche, si proche, que son haleine fétide, contre mes narines pleines de glaires,  m’offre un avant goût d’éternité.

boum ! Une détonation, pareille au final d’un feu d’artifice, raisonne dans toute ma galaxie. Des brins de pailles, comme des papillons dorés-phosphorescents,  se soulèvent, virevoltent, ne m’inspirent rien de bon. Je connais la musique : ils m’arrosent de napalm ! J’en ai jeté moi-aussi, autrefois, bazardé des tonnes, en me moquant des innocents. La roue tourne…

 Ces pourritures me foutent le feu. Je fonds ! Mon épiderme se liquéfie. Je lèche mon nez avec ma langue ! J’assiste impuissant à l’immonde spectacle de ma déchéance. Je pensais qu’au Paradis, on ne chutait qu’une fois. Putain ! Quelle horreur ! Je brûle ! Au-secours ! Au sec … AHHHRG !

2ième partie

Déluge-d’astres. Mélanges-intimes-de-soleil-et-de-ténèbres. Fournaise. Un hurlement s’éteint comme une sirène d’alarme encerclée par l’incendie. Circuits-grillés. L’horizon s’embrase dans les reflets émeraude du défoliant. Parfum-de-cendres. Porte-qu’on-ferme. Poussières. L’obscurité ne m’effraie plus. Je n’ai plus mal.  Au loin : il y a une lumière, il y a la mer ! Je caresse mon visage poli. Comme un astronaute, je lévite. Je fais des bonds de géant. Je vais enfin me baigner. Je n’ai jamais ressenti de bonheur aussi intense. Les embruns, l’écume, bercent mon âme. J’approche le rivage. Les flaques de mon sang disparaissent dans les limbes. Le soleil est un œil entouré de longs cils noirs, qui me fixe, regard profond, flou, pareil au regard fou d’un singe. le singe ! AHHHRG !

« Calmez-vous ! », la voix claque comme un ordre. Un homme d’une cinquantaine d’années, aux tempes grises, en uniforme de gradé, m’observe.

« Bravo Florian ! Nous sommes fiers de vous ! Vous êtes non seulement le premier a avoir atteint la crête, mais en plus, vous êtes notre dernier survivant. Vous avez des couilles, mon gars ! ».

Applaudissements ! La mémoire me revient. C’est cette voix, froide-et-roque, qui dirigeait mes rêves : Général Conflint. Il tient le casque de réalité virtuelle entre ces mains, me l’arrache du visage, tire un coup sec sur le chapelet d’électrodes qui m’habille du crâne aux omoplates, me détache du siège hydraulique, me tend un peignoir. J’enlève timidement la combinaison multi-sensorielle, d’abord les gants, la veste, le pantalon, les chaussons /on-dirait-une-vieille-combi-de-planchiste-du-début-du-siècle ! Je retrouve mes esprits. Ce n’était qu’un cauchemar, provoqué par la matrice, pour jauger mes réactions. Un test. le test d’habilitation. J’ai réussi ! C’est bien fini, bordel ! Je suis léger comme l’air. Les néons rassurants de la salle de stimulation apaisent mes angoisses.

« Vous avez passé les épreuves comme pas deux de ces loques, capitaine Florian Mégot. Dois-je vous appeler commandant ? Considérez ce jour béni comme le premier d’une longue carrière, au sein de l’armée de libération populaire. Vous l’avez mérité. Vous prendrez vos quartiers demain ».

Pas question de foirer maintenant. Je le salue, raide, d’un signe bref et respectueux. J’ai la patate ! J’ai la patate. J’ai la pat…

«  Nous avons besoin de guerriers de votre trempe. Vous êtes doué. Nous vous avons même envoyé des impuls de napalm. Vous en redemandiez, Florian. J’aime ça. Vous êtes une perle rare. Pas une de ces lopettes n’aurait enduré le quart de ce que vous avez tenu. La moitié n’a pas passé l’étape du réveil. On vous a noté ».

Il pointe un livre électronique avec son index métallique, un message enregistré déclame formellement :

«       … transfert de réalité : 9 sur 10 ... … … _ Excellent

·         esprit d’initiative : 10 sur 10 ……….._ Parfait

·         esprit d’équipe :     5 sur 10 …………_ Peut mieux faire- avantage en cas de trahison -

·         réflexes / risques / survie : 8 sur 10 …_ Notre meilleur élément

·         Vous disposez d’un total intelligence / combat de 33 sur 40………… _ Honorable »

La réalité dépasse la fiction ! Je passe à la vitesse lumière. Je suis parti  pour faire carrière dans la crème de l’armée, le haut du panier... Nous sortons de la salle. Les sièges de Claude et de coX sont vides, ainsi que beaucoup d’autres, qui ont échoué. Certains ont des difficultés à reprendre conscience – les risques du métier – une épaisse fumée encercle leurs casques de tri-visualisation, puant le porc grillé.  Sales types ! Je m’en fous ! Pas une de ces crasses ne m’aurait tendu la main. Le Général sourit. Ce mec est un bloc de glace dans une armure galvanisée.  Puis, il continue, d’un ton résolument militaire :

« Nous vous affectons à la direction des opérations spéciales : services secrets. Il faudra encore faire vos preuves. Vous expérimenterez le travail de terrain. Nous vous enseignerons la stratégie. Vous tâterez de toutes les innovations technologiques. Vous pouvez faire une croix sur votre ancien job de mercenaire à la pige. Nous allons vous responsabiliser. Vous saurez combattre inside & outside. Votre formation s’étalera sur un an au rythme d’une semaine d’entraînement physique intensif et deux séances de tri-visualisation par mois. Pour ne pas vous laisser sur une impression désagréable– on remonte à cheval après une mauvaise chute – nous remettrons une séance,  demain 8 heures !»

Malgré mes tripes vissées de soldat aguerri : je frémis. Autant avouer que je flippe. J’en pisserai dans mon slip. Recommencer çà si vite… Mais son ton s’adoucit, il me parle de manière quasi-humaine, je jurerai entendre mon père :

 « Vous avez fait un grand pas Florian. On est tous passés par-là. L’adrénaline va retomber. D’ici quelques minutes vous serez un homme neuf. Dévorez un gros steak saignant et couchez-vous ! Ne vous inquiétez pas : c’est votre première stimulation. On connaît tous un décalage. Vous verrez, avec l’habitude, ça agit sur votre mental comme une vraie drogue : on ne peut plus s’en passer. Rompez ! ».

Une poignée de mains amicale. Je monte dans ma chambre en sifflant, pour me rassurer.

Je me couche sans manger. (…)


:: trash 2008-10-22 14:01:54 [Permalien] ::
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